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Petrolegate/Les folles dépenses du CSFPPP. Tentative d’entrave à la mission des inspecteurs

Petrolegate/Les folles dépenses du CSFPPP. Tentative d’entrave à la mission des inspecteurs

Le coût du baril du pétrole sur le marché international est passé sous la barre des 40 dollars la semaine dernière. Au Togo, il existe des cerveaux stipendiés qui vous répondront que notre pays n’achète par le brut comme si la baisse du coût du brut, n’impacte pas le produitnraffiné. Loin du débat sur le cours du pétrole, le pays est secoué depuis plusieurs mois par le scandale de détournement de 400 à 500 milliards de francs CFA sur plusieurs années par les membres du CSFPPP dont les cerveaux sont Francis Sossah Adjakly, coordonnateur et son fils Fabrice Affatsawo Adjakly, Directeur financier. Ce dossier tentaculaire qui vaut une plainte en diffamation contre le journal et son directeur de publication en correctionnelle devant le tribunal de première instance de Lomé, n’a pas encore fini de révéler tous ses secrets. Les agitations dans les médias d’un avocat en quête d’honoraires cherchant par tous les moyens à nier l’évidence, les déclarations à la fois péremptoires et contradictoires du ministre du Commerce, de l’Industrie, du Développement du Secteur privé et de la Promotion de la consommation locale visant à jeter le discrédit sur les révélations traduit un manque de sérénité. Parlant du ministre du Commerce le 6 juillet dernier, il a été transmis un courrier à la présidente de l’Assemblée nationale sur les éléments liés à l’importation du pétrole et ceci, en prélude à une interpellation parlementaire à venir.

Dénommé « Les éléments de langage relatifs à l’approvisionnement en produits pétroliers au Togo », ce document qui a circulé sur les réseaux sociaux est un Petrolegate/Les folles dépenses du CSFPPP Tentative d’entrave à la mission des inspecteurs ramassis de contre-vérités voire de mensonges dont l’unique objectif est de faire croire aux non-initiés que tout se passait dans la transparence au CSFPPP, en vue de protéger les prévaricateurs. Si le parlement veut vraiment jouer son rôle de contrôle de l’action gouvernementale, non seulement il peut enclencher une enquête parlementaire pour se faire sa propre idée des tenants et aboutissants de ce scandale mais au mieux attendre le rapport des inspecteurs des Finances et du Trésor qui sont actuellement en train de faire un travail méticuleux sur le dossier. Un rapport attendu par tous. Des entraves à la mission des inspecteurs du Trésor et des Finances ? D a n s u n e d e n o s précédentes parutions, nous avions déclaré suivre scrupuleusement le travail de la mission des inspecteurs des Finances et du Trésor mise en place par la Présidence de la République pour connaitre le dossier dit « pétrolegate ». Nous espérions que le travail sera fait en toute transparence et les dessous de ce scandale retentissant cernés à défaut nous mettrons sur la place tous les documents en notre possession qui éclaboussent les mis en cause et leurs complices.

Cela fait plusieurs semaines que ces inspecteurs sont à l’œuvre et fouillent au niveau de tous les secteurs impliqués dans le circuit d’importation du pétrole, notamment la STSL, la STE, le CSFPPP, les marketers, les banques, etc. Selon des sources concordantes, plus les inspecteurs avancent, plus ils découvrent des choses plus graves que les révélations de la presse. Et depuis quelques jours, selon toujours les mêmes sources, l’ambiance est très tendue entre ces derniers et les responsables du CSFPPP et, plus loin, même avec le ministre du Commerce Kodjo Adedze qui ne cesse de clamer sur les médias qu’il attend l’audit et s’il y a malversations, les auteurs seront poursuivis. Etait-il sincère en faisant cette déclaration. Nous avions des doutes et les faits en cours semblent nous conforter dans cette posture.

D’abord c’est le plaignant Fabrice Affatsawo Adjakly, l’un des cerveaux du scandale rentré il y a quelques semaines de l’Afrique du Sud, où, dit-on, il était en congé sabbatique, qui refuse avec arrogance de répondre à certaines questions clés des inspecteurs. Pourquoi lui qui se plaint d’avoir été diffamé, refuse-t-il à ce stade de répondre à certaines préoccupations des inspecteurs ? On le saura bientôt. L’autre qui serait aussi à couteaux tirés avec les inspecteurs est l’actuel coordonnateur du CSFPPP Ononh-Nofouni Koffi Kondo, un homme du réseau des Adjakly nommé en lieu et place de Francis Sossah Adjakly par le ministre Kodjo Adedze. Une manière subtile de déshabiller Pierre pour habiller Paul en vue de continuer les mêmes magouilles. Lui aussi refuse de coopérer sur certains aspects d dossier. Nous reviendrons largement sur le cas de ce dernier. Le ministre du commerce Kodjo Adedze est-il en train de protéger les responsables du CSFPPP ? Dans notre parution du 9 juin 2020 consacrée à ce dossier, nous av ions clairement dit que le remplacement illico presto de Francis Sossah Adjakly, suivi de la baisse des prix des produits à la pompe était une astuce du ministère pour étouffer le scandale. L’attitude actuelle adoptée par le patron du ministère du Commerce semble conforter cette thèse.

En effet, il nous revient que Kodjo Adedze lui-même est à couteaux tirés avec les inspecteurs qu’il aurait qualifiés « d’arrogants ». Pourquoi celui qui clame sur tous les médias que l’audit est en cours tente de faire obstruction au travail d e s inspecteurs ? Pourquoi tente-t-il de mettre du grain de sable dans une mission d’inspection mise en place par la Présidence de la République ? Quel intérêt a-t-il à jouer ce jeu ? Il est de notoriété publique qu’une fois nommé au ministère du Commerce, les responsables du CSFPPP mettaient immédiatement à disposition du nouveau ministre plusieurs cadeaux allant de l’argent aux voitures afin d’intégrer ce denier dans leur réseau. L’actuel ministre du Commerce a-t-il cédé à cette tentation au point de commencer par devenir frileux lorsque les inspecteurs veulent voir clair dans certains dossiers ?

A l’heure où on parle de remaniement avec toutes les incertitudes, l’actuel ministre du Commerce a intérêt à laisser les inspecteurs faire leur travail jusqu’au bout afin de situer les décideurs et l’opinion sur ce qui s’est passé dans la gestion de l’importation du pétrole depuis des années. Du reste, nous espérons que les inspecteurs iront jusqu’au bout de leur mission. A défaut en tant que lanceur d’alerte, nous ferons le travail à leur place. Et c’est dans ce sens que nous offrons un petit goût à l’opinion sur la gestion qui est faite des fonds mis à disposition du CSFPPP, juste une infime partie du grand dossier que nous n’avons pas encore mis sur la place publique. Les folles dépenses du CSFPPP Longtemps barricadé dans le sous-sol du ministère du Commerce avec un dispositif de sécurité impressionnant, travaillant depuis des années en vase clos comme une structure qui relève du secret-défense, le CS FPPP fonctionnait comme un Etat dans un Etat. Même si les membres de cette structure sont nommés par arrêté interministériel, une fois dans le bunker, ils fonctionnaient comme une entreprise privée et les premiers responsables (Adjakly) avaient la latitude, en violation du décret instituant le CSFPPP de faire ce qu’ils veulent. Recruter les gens, fixer leurs salaires, gratifier les ministres de cadeaux, attribuer les bons de carburant aux ministres et tiers, programmer des missions à l’extérieur à des coûts qui frisent l’indécence, bref ils faisaient ce que bon leur semble.

Pendant que les contribuables togolais achètent cher le carburant à la pompe, les taxes perçues sur chaque litre d’essence permettaient aux responsables du CSFPPP de celle de mener une vie dispendieuse digne de milliardaires sous les tropiques. Les frais d’achat de dossiers doivent normalement atterrir au Trésor public, mais les responsables du comité décident, en toute liberté, de partager entre eux ces fonds. Les ministres, les membres du comité, tout le monde est servi comme le montrent les deux documents d’autorisation de payement que nous passons en facsimilé. Faut-il le rappeler, les dossiers d’appel d’offres s’achètent tous les trois mois et on peut imaginer la manne que se partagent les responsables chaque année. Le CSFPPP a mis en place une ligne de dotation de carburant de l’ensemble de ces membres jusqu’aux ministres en fonction. Ce sont des centaines de milliers de litres de carburant qu’ils se partagent chaque mois. Le ministre du Commerce reçoit 1000 litres de carburant chaque mois du CSFPPP, en plus de sa propre dotation de carburant liée à sa fonction et des autres avantages. Les autres ministres en prennent autant. Il arrive qu’à un moment donné de l’année, l’ensemble des membres de la commission décident de partir en vacances, et généralement en Europe et aux USA. Une villégiature qui coûte les yeux de la tête lorsqu’on jette un coup d’œil sur les billets d’avion. Le comité ne se prive pas des ripailles et autres paillettes. Il ne s’agit pas seulement de partager lesfonds d’achat de dossiers et d’autres fonds prélevés sur les comptes, mais à chaque passation d’appel d’offre, il y a une fête grandiose qui s’ensuit, et nous l’avions déjà évoqué dans notre parution du 9 juin. C’est généralement à l’hôtel Sarakawa et le champagne coule à flots au moment où les Togolais peinent à trouver de l’eau potable dans les localités. Parfois le comité débloque jusqu’à 15 millions de francs CFA pour l’achat de champagne pour une seule fête.

Comme on peut le voir dans cette facture en date du 14 décembre au nom de CSFPPP, l’achat de champagne a couté 13 210 000 (treize millions deux cent dix mille). Si cette gestion opaque a prospéré depuis des années, c’est parce que plusieurs décideurs sont mouillés et ferment les yeux sur l’opacité qui caractérise la gestion du CSFPPP. Dans un pays normal, les premiers responsables du CSFPPP devaient être mis à l’écart avant le travail des inspecteurs. Mais ce n’est pas le cas. L’ancien coordonnateur, son fils et le coordonnateur par intérim du CSFPPP continuent d’aller tranquillement au bureau, avec la latitude de faire disparaitre des documents et à défaut, mettre le bâton dans les roues de la mission d’audit. Quoi qu’il en soit, les preuves de ce scandale retentissant sont là et la Rédaction pourra offrir si possible son assistance à la mission d’audit si elle le souhaite. Les documents illustrant cet article ne sont que le bout visible de l’iceberg sur la gestion même des fonds du CSFPPP avant de parler du menu principal, c’est-à-dire la fraude sur l’importation du pétrole même. Bon à suivre !

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