Les bouffonneries diplomatiques de Macky SALL dans une théâtralisation itinérante de la faim en Afrique

« La bonne opinion que j’ai de mes semblables sans exception est corrigée par cette idée qu’ils sont bien capables de faire les imbéciles, et longtemps, s’ils en font le stupide pari ». Dans Histoire de mes pensées, ALAIN fustige l’abaissement sans vergogne des hommes dans des supplications pour chercher des solutions à des problèmes qui les sollicitent, au lieu de s’évertuer à se réinventer pour trouver dans leurs propres ressources, et dans la dignité, des répondants susceptibles de transcender les écueils, de les faire avancer dans le combat de l’existence.
La puissance de notre intelligence, c’est la créativité et le courage de notre action réside dans notre volonté ferme. Pour transformer nos difficultés en de véritables chances de progrès, nous n’avons qu’à aiguiser notre responsabilité et l’assumer pleinement. Si nous ne sommes jamais capables de la générosité de l’effort qui nous fait forts, alors nous basculons dans la caverne de l’inertie en demandant aux autres d’agir par procuration pour que nous récoltions les bénéfices de leur engagement.
L’économie mondiale est interconnectée. Mais, tous les continents ont l’autonomie de l’action pour juguler les contrecoups d’une crise qui éclabousse tous les quartiers de la planète. POUTINE ne saurait trouver aux Africains, et au mépris des intérêts de la Russie, des gages de sécurité alimentaire et énergétique .
Cette simple réalité suffit à comprendre que la guerre russo-ukrainienne intègre une défense sécuritaire de la Russie et non de celle de l’Afrique. Les batteries des sanctions de l’Europe et des Etats-Unis contre la Russie flambent l’inflation et la Russie ne peut pas abdiquer à la résistance incisive au profit de l’Afrique.
Comment Macky SALL peut-il être aussi naïf pour se produire en misérable, comme l’Europe aime nous voir dans sa condescendance, avec la prétention de porter la voix de l’Afrique dans la crise russo-ukrainienne ?
Quand vous avez 80% du continent encore en terres arables que vous cédez à des étrangers sans aucune élévation prévisionnelle, comment pouvez-vous vous plaindre de la faim ?
Quelles initiatives significatives l’Union Africaine a-t-elle prises pour nourrir l’Afrique, réduire la dépendance en importation, enrichir le continent et amorcer sérieusement l’industrialisation du continent ?

1) Le voyage des maladresses et de la vacuité diplomatique
A quelles fins le président de l’Union Africaine et de la commission africaine ont-ils choisi d’aller s’exposer à Sotchi et pour crier la faim d’un continent devant POUTINE, pendant qu’ils n’ont rien essayé d’eux-mêmes en Afrique pour anticiper sur les prévisions les plus sinistres de la guerre russo-ukrainienne sur le continent noir ?
L’effort par procuration dans la fainéantise de l’action politique est le principe de l’esclavage qui nous fait toujours dépendre des autres avec toutes les jérémiades et les abaissements orduriers qui placent nos dirigeants et l’Afrique au sous-sol de l’évolution de l’humanité. Nous nous évertuons, bec et ongles, à donner aux autres le martinet de notre propre flagellation comme des gueux qui se méprisent et qui n’ont jamais confiance en eux-mêmes. La question de la sécurité de la Russie qui est l’ancre de l’action politico- militaire de POUTINE ne peut jamais être sacrifiée au millimètre du désintérêt russe pour sauver l’Afrique gorgée de ressources et trop attentiste des autres, dans une sacrée accoutumance de renoncement à elle-même. Personne ne sauvera l’Afrique de la faim. Le maître de Kremlin n’est surtout pas prêt à mettre en danger son peuple, son pays sous quelque prétexte que ce soit.
Le châpeau de déconfiture de l’économie mondiale que l’Europe et les Etats-Unis tentent désespérément de faire porter à POUTINE en occultant leur propre responsabilité dans la guerre et les effets de leurs cascades de sanctions ne peut être repris dans une grosse maladresse diplomatique par Macky SALL pour bénéficier d’un micron de recul de POUTINE sur la ligne de défense. La reproduction servile du bouc-émissaire dans l’ouragan de la faim annoncée par le Secrétaire Général des Nations –Unies et ses patrons est une malveillance diplomatique qui ne fait rien gagner à l’Afrique.
L’urgence alimentaire aurait dû être décrétée par l’Union Africaine avec les mesures appropriées qui l’accompagnent sur tout le continent. Pour échapper à la ciguë de la faim, nos dirigeants doivent explorer toutes les ressources du continent avec des mesures exceptionnelles, se lancer dans une mobilisation de grande ampleur avec, une réquisition des agronomes, des chercheurs, de la jeunesse, des militaires et des terres arabes à foison qui sont délaissées, cédées à des expatriés pour juguler l’hécatombe redoutée d’ici 2023.
Ni l’argent, ni les hommes, ni les terres arables, ni l’engrais naturel ne manquent à l’Afrique. Il nous faut des solutions extrêmes contre les détournements des deniers publics, l’enrichissement illicite, les ponctions illégales des régies financières pour réussir des investissements massifs dans l’agriculture et ses secteurs annexes de production. Les capitaux illégaux qui sortent par jour de l’Afrique avec la complexité de nos gouvernants font aussi la saignée à laquelle il faut placer un garrot immédiat, rigide, étanche au profit d’une urgence alimentaire. Jerry John RAWLINGS a réussi le bon coup contre la dispersion des ressources nationales par le jeu de la corruption. Il faut étendre son exemple sur toute l’Afrique pour financer l’irrigation, l’agriculture moderne, l’énergie nécessaire à un bond d’évitement de la « sinistrose ». Kwamé N’KUMAH se plaisait à dire que le Bassin du Congo, à lui seul, suffit à nourrir toute l’Afrique. Quelle politique agricole l’Union Africaine met-elle sur pied sur tout le continent, à l’instar de ce que l’Union Européenne a bâti, à l’échelle des pays membres ?
La solution pour la faim en Afrique ne se trouve pas dans les errances de supplications au clairon de l’indigence des Africains comme si nous sommes frappés d’un « anencéphalisme » conceptuel et d’un pragmatisme de morbidité chronique. C’est une honte indigeste pour toute l’Afrique que Macky Sall s’expose sans s’imposer dans un sale argumentaire en s’appuyant sur l’hivernage, c’est-à-dire la pluie pour produire les céréales en Afrique à cette époque autre en ces mœurs pour nourrir les populations. Quel est le pourcentage du budget que l’UA exige de chaque membre pour l’agriculture ?
Nos représentations nationales, chichement payées pour un aval-mouton à la forture de nos gouvernants doivent sortir de leur apathie pour imaginer une urgence alimentaire et en tirer toutes les conséquences pour sauver les populations si nos députés ont encore un brin d’intégration dans la réalité sociale pour prémunir nos peuples contre la disette et l’inanition.
Un Chef d’Etat n’est surtout pas un geignard de globe-trotter à la gamelle facile pour une obole de sacrifice sous un fleuve de mépris. Macky Sall s’excite dans son misérabilisme de leadership à aller aussi chez ZELENSKY pour une autre séance de théâtralisme itinérante de la faim en Afrique.
Quelle horreur ! Combien coûtent ces voyages de Macky Sall à l’Afrique ? Et combien d’hectares peut-on irriguer avec cet argent ? Combien de tonnes de compost peut-on réaliser comme fertilisants de nos sols avec le budget de ce voyage de mendicité ?
Dans Préliminaire à la méthodologie, ALAIN a vraiment raison d’écrire : « Ce que nous voyons dans les grands hommes, c’est à la fois le meilleur d’eux et le meilleur de nous ».

2) Le voyage de l’esprit, ses prévisions et le travail
Tout part de l’esprit, tout revient à l’esprit par le travail qui s’y livre et qui apporte par pragmatisme des solutions efficaces aux problèmes qui le sollicitent. La main tendue n’est pas un travail quelle que soit l’urgence des circonstances. C’est la réaction adaptative aux circonstances et les prévisions qui en découlent dans le sérieux de l’action qui confèrent à l’intelligence sa puissance et qui mettent en confiance les hommes, les peuples.
Les gouvernants africains de l’improvisation par procuration ne sont que dans la reproduction fâcheuse des clichés et des prismes de lecture que les autres se sont évertués si longtemps à coller sur nous les Africains. On ne respectera jamais nos leaders et nos peuples si nous nous cantonnons dans un déclassement de l’effort et dans un déplacement de la responsabilité. « L’ouragan de la faim » pronostiqué par le Secrétaire Général des Nations Unies vise nommément l’Afrique, alors que toute la planète ressent les secousses sismiques de la guerre russo-ukrainienne et ses brûlures. L’Afrique n’est pas la douleur du monde. Sortons de la préséance européo-centrique pour évaluer les richesses immenses sur lesquelles la providence nous a mis sur un trône de succès et mobilisons-nous pour rentabiliser nos bras valides et abondants, nos experts, nos élites, nos ressources naturelles du sol et du sous-sol en combattant crânement la corruption. Notre salut est à notre portée.
Si nous sortons de la ritournelle du provisoire, de la ronde de la planète pour chercher un soutien, on ne sait trop lequel, la nécessité du combat bien engagé ne peut qu’imposer une autre grille de lecture au monde et plus particulièrement à nous-mêmes dans la fierté et la dignité de la dimension de notre révolution de conscience. Nous avons le soleil, la pluie, les cours d’eaux et surtout les terres arables plus que tous les continents et c’est nous qui faisons le tour de la planète pour demander aux pays en guerre de nous nourrir. Il y a une espèce de honte, lorsqu’on se sent vraiment homme à la vue de la bassesse. On parle de la « guerre du blé » et le continent qui n’en fait nullement la base de son alimentation est indexé comme celui qui sera ravagé par la famine, pendant que nous avons le maïs, le sorgho, le soja, le fonio, le mil et aussi le blé, du haricot, du vouanzou, de la banane plantain et tant de tubercules…
Tous les pays africains ont des universités qui datent d’au moins cinquante ans. La recherche en Afrique n’est-elle pas capable de trouver sur ce continent des spécificités de substitution du blé pour faire du bon pain, et peut-être plus riche à partir de nos céréales et l’imposer à toute l’humanité ?
En tant qu’Africains, nous éprouvons profondément une honte indicible et des lacérations dans nos cœurs devant le spectacle de troubadour d’un chef d’Etat du continent qui croit porter la voix de l’Afrique dans des tours de la manche pour nourrir ses populations. Il n’y a pas un seul chef d’Etat d’un pays quelconque ni un représentant d’un groupe de pays qui se permette ce titre de globe-trotter pour sauver les peuples de la faim.
Si l’Afrique n’est pas capable d’une autonomie de la raison et d’une puissance de responsabilité, le mépris que les autres ont ouvertement ou subtilement pour nous ne peut que grandir. Nous, peuples d’Afrique, nous devons combattre en premier lieu ces dirigeants de reproduction de la servitude et étroits dans leurs fauteuils, parce qu’il nous faut de vrais leaders de rupture.