Togo : Plus de 500 000 Togolais dans les rues à Lomé ce samedi

C’est une impressionnante démonstration de force faite par la Coalition des 14 partis de l’opposition dans les rues de Lomé et de plusieurs autres villes du pays ce samedi 1er décembre 2018. Des centaines de milliers de Togolais sont descendus dans les rues.

Selon les responsables de la Coalition des 14, il y a eu plus de 500 milles personnes dans les rues à Lomé. Et, à travers tout le pays, c’est plus de 2 millions de personnes qui ont manifesté leur colère contre le régime de Faure Gnassingbé. « Aujourd’hui, à travers tout le Togo, le nombre de manifestants atteint les 2 millions. Sous d’autres cieux, ce régime démissionnerait », a lancé Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson au cours du meeting qui a sanctionné la marche.

Pour Ouro-Dzikpa Tchatikpi, Conseiller au bureau du Parti national panafricain (PNP), le régime montre déjà des signes avant-coureurs de sa chute. « Tout ce qui s’est passé au niveau de Sokodé, de Kparatao, d’Agoè-Zongo dans les établissements où les enfants ont suffoqué, est déplorable. On ne peut pas faire une guerre contre sa population qui manifeste à main nue. Alors tout ce qui se passe ces derniers temps en terme de manœuvres dilatoires, de répressions, d’exactions, de brimades sont les signes avant-coureurs d’une chute vertigineuse d’un régime dictatorial », a-t-il indiqué.

Me Paul Dodji Apevon, quant à lui, lance un appel à la CEDEAO à réagir avant qu’il ne soit trop tard. « Aucun de nous n’ira à des élections aujourd’hui dans ces conditions. Et nous sommes en train de faire appel à la CEDEAO pour qu’elle intervienne à temps, pour que la situation ne devienne pas catastrophique. La CEDEAO doit intervenir pour arrêter cette situation pour que nous puissions repartir sur de bon pied, pour sauver ce Togo. Le Togo a besoin d’être sauvé  et je crois que la CEDEAO doit jouer ce rôle pour arrêter les dérives avant qu’il ne soit trop tard », a-t-il souligné.

Pour lui, l’interdiction des manifestations de la Coalition des 14 le mardi prochain, est un abus. « Vous devez savoir que c’est de l’abus ce que dit le ministre. Parce que cette interdiction ne repose sur rien du tout. En période de campagne électorale, ceux qui boycottent les élections ont le droit de manifester. Dans tous les pays du monde lorsque vous n’acceptez pas quelque chose, vous avez le droit de le dire au peuple. Et c’est le peuple qui tranche », a-t-il dit.

La Coalition des 14 décide, en lieu et place des manifestations, une journée Togo mort le mardi 4 décembre 2018 sur toute l’étendue du territoire.