Droit de l’Homme: 40 défenseurs et journalistes à l’école de la sécurité physique et numérique et de la protection des données

0 0
Read Time:4 Minute, 25 Second

Le Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo (CACIT) a organisé un atelier de trois jours à Lomé à l’égard des défenseurs des droits de l’Homme dont des journalistes. Cette activité s’inscrivait dans le cadre du Projet impact initiatives citoyennes pour l’efficacité des mécanismes de lutte contre l’impunité au Togo. Au total, une quarantaine de défenseurs des droits de l’Homme dont des journalistes étaient en atelier du 26 au 28 juillet.

L’objectif visé était de renforcer les capacités des acteurs sur la sécurité physique et numérique, la protection des données et le professionnalisme du travail des défenseurs des droits de l’homme. Face à la situation sans cesse dégradante de la situation des défenseurs des droits de l’Homme, il était « impérieux » de réunir les acteurs pour discuter de la situation. De la définition du défenseur-e des droits humains  aux mécanismes nationaux de protection des défenseurs des droits de l’Homme en passant par  la  situation des défenseurs des droits de l’Homme au Togo, le cadre légal et institutionnel du travail des journalistes et professionnels des médias au Togo,  la sécurité physique et numérique des défenseurs des droits de l’Homme, les participants ont été outillés sur la thématique à travers plusieurs modules. Cet atelier s’est voulu le creuset où les défenseurs ont passé en revue leurs actions avec les acteurs étatiques, en vue d’un meilleur dialogue sur le droit et la compréhension exacte des textes. Egalement, des propositions à la facilitation du dialogue entre les acteurs étatiques et les défenseurs des droits humains pour l’amélioration de leur situation ont été faites.

Les participants, parmi lesquels des représentants du CACIT, ont convenu ensemble qu’il était important de fédérer leurs énergies pour faire émerger, au Togo, un véritable réseau dont la mission serait de travailler pour que dans leur crédibilité et leur professionnalisme, les défenseurs des droits humains puissent accompagner l’Etat et les différentes parties prenantes en vue d’une protection efficace des droits humains au Togo. Alors que la surveillance et la censure augmentent, l’insécurité des informations stockées transmises numériquement est un problème majeur pour les défenseurs des droits de l’homme dans de nombreux pays. Au Togo, les défis pour ce groupe cible restent réels et sérieux. Beaucoup reste à faire pour une meilleure protection des défenseurs. « Nous estimons que le gouvernement n’a pas mis en place les mesures nécessaires pour la protection des droits de l’homme (…) », a regretté le premier responsable du CACIT, Me Claude Amegan. Sur la question des violations des droits des  défenseurs, plusieurs organisations dont Reporter Sans Frontières (RSF) et Afro baromètre en font l’écho.

« La sécurité des journalistes reste un problème préoccupant au Togo, particulièrement pour les journalistes d’investigation dénonçant la corruption ou des affaires d’État. Ils peuvent faire l’objet de représailles directes et importantes, comme est venue le rappeler la détention, pendant plusieurs semaines, de deux directeurs de publication en 2021. Les journalistes reçoivent régulièrement des pressions ou des avantages pour adopter une position qui s’aligne sur l’agenda du régime. Lorsqu’ils résistent, ils font l’objet d’une surveillance étroite, comme l’ont montré les révélations de l’affaire Pegasus», faisait savoir RSF. Dans ce même sens, le Sondage Afro Baromètre a également soulevé dans son rapport « Baromètre des médias africains Togo 2021 », le harcèlement des journalistes et des citoyens sur leur franc-parler, en donnant l’exemple du journaliste Carlos Kétohou détenu brièvement par la police togolaise pour une affaire de diffamation présumée de l’État en décembre 2020.

Dans sa lutte contre l’impunité et en tant que collectif de défenseurs des droits humains, le CACIT a relevé la particulière vulnérabilité des défenseurs des droits humains et tâche d’y répondre, notamment avec son action « Réseau sentinelle » et le soutien de son partenaire Pain Pour Le Monde (PPLM). A cet effet, l’organisation a permis  la  formation de deux (02) hommes des médias nationaux, dont une femme,  aux techniques avancées en journalisme d’investigation au Global Investigative Journalism Network et Open Facto  de Dakar au mois de mai dernier. Une restitution a donc été faite par les bénéficiaires de cette formation au cours d’un atelier de partage à une vingtaine de journalistes le 26 juillet 2022 à Lomé.

La situation des défenseurs des droits de l’Homme interpelle aussi bien les acteurs que les autorités. Elle incite donc à rechercher les voies et moyens permettant d’assurer la non répétition des cas et à améliorer les indices au niveau des agences d’opinions et de sondage. Pour ce faire, il  est nécessaire  pour les tous les acteurs de mieux connaitre les textes juridiques existant qui encadrent leurs professions, les bonnes pratiques et méthodes qui doivent entourer leur travail, dans le but de renforcer leur professionnalisme.

La résolution 53/144 adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies déclare en son  « Article 2 1. Chaque État a, au premier chef, la responsabilité et le devoir de protéger, promouvoir et rendre effectifs tous les droits de l’homme et toutes les libertés fondamentales, notamment en adoptant les mesures nécessaires pour instaurer les conditions sociales, économiques, politiques et autres ainsi que les garanties juridiques voulues pour que toutes les personnes relevant de sa juridiction puissent, individuellement ou en association avec d’autres, jouir en pratique de tous ces droits et de toutes ces libertés. 2. Chaque État adopte les mesures législatives, administratives et autres nécessaires pour assurer la garantie effective des droits et libertés visés par la présente Déclaration ».

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %